ATTENTION : Toutes les nouveautés se trouvent à la fin du blog dans les dernières pages!!

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Amour, partage, simplicité, don de soi, ouverture d'esprit, écoute de l'autre, rires, joie, bonheur, amitié, jeu, passion, famille, pensée positive, pardon.

Autant de mots pour caractériser les vraies valeurs d'une vie réussie et heureuse apportant une compréhension nouvelle sur de bien nombreux univers, soient-ils réels ou imaginaires...


Quelques bonnes vidéos aux pages :
46, 47, 48, 49, 71, 72, 73, 131, 132, 133, 134, 143, 166, 167, 182, 183, 184, 185 et 192 (pour le moment!)

Des récits fantastiques aux pages :
1, 2, 84, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 99, 100, 105, 106, 107 et 108 (pour le moment!)

# Posté le dimanche 04 mars 2007 15:30

Modifié le mardi 06 janvier 2009 01:05

Un peu plus sur moi...

Un peu plus sur moi...
1/ Date de naissance : le 11 octobre 1971

2/ Signe astrologique : balance

3) Métier : instituteur primaire, professeur de religion catholique, gardien d'école (garderies du matin dès 7h30, temps de midi, étude du soir + garderies du soir jusque 18h00) et animateur de jeunesse

4) Ce que j'aime : mon métier, la famille, les amis, les jeux de rôles (sur table et en grandeur-nature"), le chant, les vacances bien remplies, le piano et la musique tous styles confondus.

5) Ce que je déteste : les petits pois, les chicons, les menteurs, les égoïstes, les profiteurs, les méchantes gens!

6) Ma couleur préférée : toutes sauf le blanc

7) Ma voiture actuelle : Après une Peugeot 205, une Skoda, une 2 C.V., une A.X., une Polo, une Smart, une première Skoda Fabia combi, j'utilise actuellement une Skoda Fabia combi (la seconde!) en version plus typée : RS-Line couleur cappuccino et je compte bien rester chez Skoda car mon garagiste est excellent!

8) L'endroit où je me sens bien : chez moi, avec mes amis ou en forêt quand il fait beau.

9) Mon style de vie : célibataire

10) Mon sport préféré : la natation, le cyclisme (en "Solex"), les sports moteurs

11) Ma chanteuse préférée : Mylène Farmer

12) Mes émissions télévisées : le fantastique et la science-fiction (Stargate, Stargate Atlantis, Star-Trek, Star Wars, les 4400, Invasion, etc...)

13) Alimentation : variée mais pas toujours assez saine à mon goût.

14) Thé ou café : café avec un sucre et du lait (et beaucoup de jus de fruits!)

15) Objets fétiches : gourmette en argent et chaîne en or la journée, mon oreiller la nuit.

16) Un trait de caractère : solitaire et généreux de coeur et d'esprit.

17) Qualités : générosité d'esprit et don de soi, ouverture, pensée positive, calme, didactique, méthodologie.

18) Défauts : exagération, fatigue rapide, ne tiens pas l'acool, beaucoup trop sensible et vite blessé.

19) Manies : me ronger les ongles et faire passer mes nerfs dessus, agresser légèrement les fumeurs.

20) Ce que je trouve le plus important dans la vie : ne jamais manquer de Santé et d'Amour (ou d'Amitié!).

# Posté le lundi 05 mars 2007 15:46

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 01:22

Vivre avec la passion des jeux de rôles...

Vivre avec la passion des jeux de rôles...
Le Chroniqueur des Vents, ton maître de jeu, Le Maître...


A l'aube des temps, j'étais un jeune disciple de l'½il Noir.
Les bases du jeu de rôle m'ont été inculquées au c½ur même de l'Aventurie, par-delà la grisaille et les brouillards de l'Océan de l'Ennui.

L'aventurier que j'étais, au fil du temps, mettant sa vie en danger pour des causes qu'il croyait justes, parvint à se forger une renommée et pût ainsi acquérir le respect et la confiance de nombre des habitants d'Aventurie. « L'½il Noir » et les premières versions avancées de « Donjons et Dragons » sont des mondes anciens que peu de gens connaissent.

Qui sait encore où se trouvent l'Aventurie, qui peut prétendre avoir traversé l'archipel des Cyclopes, escaladé l'Epée d'Airain ou dansé dans les rues de Gareth ?

D'autres mondes étranges ont été découverts et ce qui fut l'un des premiers jeux de rôles se meurt.

Il reste toutefois une poignée de braves, en qui des souvenirs de créatures merveilleuses et de trésors survivent. C'est grâce à ces personnes que « Donjons & Dragons » ne mourra jamais vraiment.

J'avais plusieurs compagnons, des frères avec lesquels j'ai vécu de sombres histoires.
Nous concevions chacun à notre tour des scénarii, toujours plus fous les uns que les autres.
Tantôt, j'étais le Joueur et eux, Maîtres des jeux, tantôt ils jouaient et j'étais le maître. En quinze années, nous avons pensé et joué une centaine de scénarii chacun.

Mais, c'était il y a bien longtemps, désormais... Je suis le Maître.

Ma grande expérience, acquise au fil des années m'a permis de glisser quelques fois par semaines ou par mois, dans un autre monde, une autre réalité et en d'autres temps.
Mon savoir est aujourd'hui utile en tant que Nourrisseur d'Esprit et d'Ames en Histoires fantastiques dépassant de loin les limites de vos imaginations.

Avec quelques courageux, nous nous efforçons de faire reculer le Mal qui tente de s'infiltrer partout où on ne l'attend pas.
Alors, chaque jour est un défi supplémentaire pour que le soleil continue de briller d'un éclat splendide et bienveillant au-dessus des Landes Infinies balayées par un Vent d'Espoir et de conquêtes qui semble emporter avec lui le souffle d'une pensée : « Reste vigilant, le Mal n'est pas encore vaincu... ! »

Pierre G.

# Posté le mercredi 30 mai 2007 14:36

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 16:40

Un de mes nombreux récits...

Guérik Sullivan, jeune ermite.


Il y a deux ans, une guerre sans pitié s'engagea entre deux des clans de la région des Highlands : les Sullivan et les Reinhardstein. Deux des familles étrangères venues s'installer au c½ur de ces régions montagneuses et fertiles.

Tout cela a commencé par une petite dispute entre deux paysans pour une parcelle de terrain cultivable en bordure d'une source d'une eau pure et sacrée. Cette querelle remonta jusqu'aux chefs de clans mais aucun ne voulu céder en la faveur de l'autre. Ils décidèrent donc de juger ce différend par le fer de l'épée. Deux jeunes guerriers furent choisis pour cette tâche. Le combat entre ces deux adolescents naïfs et innocents fut long et pénible car de forces égales. C'est la fatigue qui eut raison de l'un d'entre eux.

Emporté par la masse de son arme, il trébucha et s'écroula sur le sol. En un bond, son adversaire fut sur lui, l'épée sur la gorge, dans l'attente de la décision de son chef. Les membres des deux clans s'étaient tu. Jamais encore, dans un tel duel, il n'y avait eu de mise à mort. Le prix à payer n'étant point le prix du sang mais tout au plus la honte pour le perdant sous les moqueries du clan adverse. Ici, tout était différent ! Entre l'enfant et son chef, il y eut échange d'un regard évocateur ainsi qu'un léger signe de tête qui ne pouvaient avoir de signification qu'entre deux complices... Le jeune garçon étendu sur le sol poussa un cri de terreur mais la lame s'enfonçant profondément dans sa gorge eut tôt fait de le faire taire.

Le silence qui avait plané sur la foule fit place à un murmure puis, à une rumeur qui se transforma rapidement en révolte de la part du clan perdant. Les villageois sortirent leurs armes, des fortifications furent élevées autour des villages. Une lutte acharnée allait commencer... !

Voilà trois mois que Guérik Sullivan avait quitté son clan à la recherche d'une contrée lointaine où il lui aurait été possible de fonder une famille. Il avait fini par dénicher une charmante clairière située à l'orée d'une vaste forêt et longée par un torrent tumultueux. Il s'était senti immédiatement en sécurité. Les montagnes environnantes jouaient à merveille leur rôle défensif contre toute intrusion éventuelle. Son père l'avait cependant mis en garde contre la barbarie des peuples nordiques ainsi que leur soif de richesses. Malgré ces sages conseils et pensant échapper au pire, il s'exposa inconsciemment à un autre danger et non des moindres... La forêt regorgeait de petites troupes malfamées en quête de petits larcins et Guérik fut l'objet d'attaques répétées de voleurs et détrousseurs des grands chemins qui, à force d'insister, finirent par causer des dégâts importants à sa petite exploitation. Heureusement, son courage et son obstination étaient tels qu'il reconstruisait toujours ce qui avait été détruit, incendié ou abîmé par le dernier assaut et ses bêtes se reproduisaient assez facilement pour contrer le massacre ou le vol de certaines d'entre elles.

C'était une belle soirée d'hiver, la neige avait recouvert le paysage de son manteau blanc qui le transfigurait au point de devenir presque irréel. Guérik allait fêter Noël avec son nouvel ami Mark, un jeune ermite vivant seul également mais de l'autre côté de la forêt.

Le feu qui crépitait dans l'âtre et les animaux tapis dans un coin derrière quelques bottes de foin réchauffaient à peine la vaste et unique pièce de la maison. Le vent sifflait sous la porte grossière et les volets disjoints. A l'extérieur, la neige recommençait à tomber et le froid se fit plus rude encore. Devant leur miche de pain noir et leur bol de lait chaud, les deux amis se racontaient toutes sortes d'aventures, partageant leurs joies comme leurs peines. La soirée était déjà bien entamée tout comme, d'ailleurs, l'unique bouteille de vin troquée à des marchands ambulants contre de la viande quelques jours auparavant. Tout semblait donc aller pour le mieux lorsque l'on frappa violemment à la porte.

Guérik ouvrit. Il se tenait, là, devant lui, un homme de grande taille habillé pauvrement et qui demandait le gîte pour la nuit. C'était le soir de Noël et les deux amis, bien qu'embarrassés, ne pouvaient pas refuser une telle demande. Ils permirent donc à l'inconnu d'entrer.

Le "vieillard" n'avait pas fait dix pas à l'intérieur du logis qu'il sortit de dessous ses habits une courte épée et leur ordonna de ne plus faire un seul geste. Il porta ses doigts à ses lèvres et siffla. Une demi-douzaine de comparses jaillirent alors sur le seuil de la modeste demeure. Il ne leur fallut que quelques secondes pour attacher solidement Guérik et son compagnon et quelques minutes pour fouiller et retourner toute la pièce. L'un d'eux se retourna vers le pauvre fermier, les yeux remplis de colère :

- Où est ton or ?
- Je ne possède aucune richesse seigneur ! Tout est là... tout était là devant vous !

De rage, celui qui semblait être le chef de la troupe ramassa un tison dans l'âtre et le jeta dans un tas de paille accumulée dans un coin de la pièce puis sortit avec ses complices sans le moindre butin et en laissant nos deux amis attachés à une cloison.

Le feu gagna vite en ampleur et en intensité, les bêtes hurlaient et se débattaient dans les flammes. Nos deux compères parvinrent, quant à eux à se libérer, non sans le moindre mal, de leurs solides liens et sortirent en catastrophe de cette maison qui n'était déjà plus qu'un immense brasier.

Longtemps, ils restèrent là, se tenant debout, Mark soutenant Guérik, les yeux mouillés par la colère et l'incompréhension. Aux premières lueurs de l'aube, les dernières planches achevaient de se consumer et avec les premiers rayons du soleil levant, c'est toute la plaine qui donnait l'impression de brûler. Tout avait disparu ! De la petite exploitation où tant de sueur avait coulé, tant de bonheur aussi s'était partagé, il ne restait que des cendres et deux rescapés qui malgré leur infortune étaient demeurés vivants. Mark proposa à Guérik de venir vivre quelque temps chez lui en attendant de trouver une solution mais ce dernier refusa l'offre généreuse de son compagnon. Il savait au fond de lui-même que Mark éprouvait déjà de grandes difficultés pour manger à sa faim alors... une bouche de plus à nourrir ! Il ne fallait même pas y penser ! Tout au plus, il accepta volontiers un pain et une gourde de lait pour tout bagage. Les adieux furent douloureux et le soir même, il reprit la direction de son village natal.

La route allait être longue et difficile, franchir les sommets en cette saison était un défi déconseillé mais Guérik rassembla tout son courage et entreprit l'ascension par un petit sentier de berger qu'il connaissait assez bien. Arrivé au sommet, il repéra du regard les trois pics qui lui indiquaient la route à suivre.

De là, il suivit l'ancienne route des Templiers jusqu'au-delà des trois pics où son univers rocheux se transforma progressivement en zones de verdures puis en forêts. Deux semaines de marche sous la voûte des arbres et les chants des oiseaux en longeant la petite rivière et il arriverait en vue de son village. Durant ce long périple, il eut tôt fait d'épuiser ses maigres provisions mais il connaissait les propriétés nutritives de certaines plantes et l'eau des multiples torrents et cascades étanchaient sa soif. Comme passe-temps, il se remémorait le temps passé et toutes ces années en compagnie de sa famille et des siens. De toutes ces images qui lui remontaient à l'esprit, ce fut celle d'une jeune fille, resplendissante de beauté, qui supplanta toutes les autres. Il se rappela avoir usé un jour de tous ses charmes pour la séduire mais, à chaque tentative, elle le repoussait. Jusqu'au jour où elle accepta de lui un présent. C'était un petit pendentif en argent qu'il avait lui-même reçu du chef de clan pour services rendus. Cette complicité ne dura que le temps d'un rêve. Guérik la découvrit un soir en compagnie d'un autre garçon, flirtant tous deux à l'orée de la forêt. La rencontre entre les deux jeunes gens qui se connaissaient depuis leur plus tendre enfance se termina par un combat. Guérik rompit l'étreinte et empoigna la jeune fille par le bras, lui demandant de choisir. Elle sembla offusquée par cette demande, arracha le pendentif et le jeta sur le sol en lui répondant qu'elle faisait ce qu'elle voulait et qu'elle n'avait de toute façon pas encore atteint l'âge traditionnel du mariage. Le lendemain, Guérik avertissait personnellement tous les membres de son clan de sa décision de partir s'installer ailleurs. Malgré les menaces de dangers et les pleurs de sa famille, il ne changea en rien sa décision.

Guérik se ressaisit soudain. Devant lui, se tenaient les derniers arbres de la forêt, dressés tels des soldats protégeant une gigantesque demeure. Il pouvait déjà distinguer derrière ceux-ci, des champs cultivés avec leurs nombreux sillons ainsi que des meules de foin fraîchement dressées. L'orée franchie, il s'arrêta de stupeur. De derrière la colline qui masquait encore son village, s'élevait une épaisse colonne de fumée noire. Pris de panique, reprit sa marche et accéléra le pas. Ses pieds martelaient le sol dans un rythme endiablé et c'est au pas de course qu'il parvint au sommet. Là, un spectacle de cauchemar et de désolation l'attendait. Quittant sa ferme dévastée, le voici face à un amoncellement de ruines fumantes et de cadavres dispersés en tous sens. Un moment, il crut défaillir mais se ressaisit à temps et, rassemblant tout le courage qu'il lui restait, il entama sa descente vers ce qui fut pour lui les lieux de son enfance.

Sa première pensée fut pour la maison parentale vers laquelle il courait aussi vite que ses jambes pouvaient encore le porter, piétinant toutes sortes d'objets éparpillés, évitant les cadavres atrocement mutilés de ses anciens amis ou voisins et enjambant les décombres pour se frayer un passage. Soudain, un corps attira plus particulièrement son attention, une flèche plantée dans le dos. C'était le corps d'une ravissante jeune femme, parfaitement proportionné, les cheveux d'un noir profond et le teint de marbre rose. Il s'approcha encore et s'agenouilla auprès de celle qu'il avait tant aimée mais qui avait refusé son amour. Il lui souleva délicatement la tête et l'appuya sur sa poitrine. Longtemps ils restèrent ainsi, comme deux statues, immobiles... Une brise légère emmêlait leurs cheveux et les dernières flammes du brasier leur donnaient à tous deux un teint naturel, presque vivant.

Quelques gouttes de pluie annoncèrent l'arrivée imminente d'un orage qui allait éteindre les restes de l'incendie. Le jeune homme ouvrit alors les yeux avec la ferme intention de dresser une sépulture à son aimée.


- Ah ! Si seulement tu m'avais aimé comme moi je t'ai aimée !

Comme pour lui répondre, une rafale de vent vint déplacer les cheveux tachés de sang de la jeune femme dévoilant, autour de son cou, un petit pendentif en argent parfaitement poli. Le jeune homme le reconnut immédiatement. Ses yeux s'emplirent de larmes et, comme pour se dégager d'un trop pesant fardeau, il se leva.

Dans ces landes d'Ecosse, en proie au tumulte du vent et à la violence de l'orage, un long cri sembla déchirer le suaire sombre des nuages.

- Nooooooon... !

Je connais les brumes claires,
La neige rose des matins d'hiver.
Je pourrais te retrouver
Le lièvre blanc qu'on ne voit jamais.
Mais l'oiseau, l'oiseau s'est envolé
Et moi jamais je ne le trouverai.
Car j'ai vu l'oiseau voler
J'ai vu l'oiseau, je sais qu'il partait.
Je l'ai entendu pleurer
Le bel oiseau que le vent chassait.

Je voudrais tout te donner
Mais toi, pourquoi ne dis-tu rien ?
Quel est-il ton grand secret ?
Un secret d'homme, je le comprends bien.
Moi, tu sais, je peux te raconter
Combien l'oiseau est parti à regret.
Si un jour tu m'écoutais,
Tu apprendrais tout ce que je sais
L'oiseau part et puis revient.
Tu le verras peut-être demain.


Si jamais je rencontrais
Le bel oiseau qui s'est envolé
S'il revient de son voyage
Tout près de moi le long du rivage
Moi vois-tu, je lui raconterai
Combien pour moi, je sais qu'il a compté.
C'est le bel oiseau que j'aimais
L'oiseau jaloux, je l'ai deviné
Si jamais il revenait
Je lui dirai que je l'attendais.


Pierre G. (la chanson n'est pas de moi!)

# Posté le mercredi 30 mai 2007 14:40

Modifié le samedi 29 novembre 2008 20:05

Encore une petite histoire...

Encore une petite histoire...
Chroniques d'Outre-Lune


Sans peine, la galère fendait les flots. Melric Danberohn se tenait fièrement à la proue, un sourire narquois aux lèvres. Bientôt, la brume se dissiperait et les rivages froids et déchiquetés de Naggaroth seraient visibles. Quel plaisir de rentrer avec d'aussi bonnes nouvelles. Déjà, Melric pouvait imaginer le visage de son roi s'illuminer de contentement, non..., d'amusement.

Avec la vue des tours du port vint le son long et lent de la trompe qui tanchait l'air avec force. Aussitôt, le capitaine donna l'ordre et le Sonneur engagea à son tour la mélopée secrète des navires Druchii. En réponse, une troisième sonnerie retentit. La passe était ouverte. Le capitaine ordonna de relâcher la voilure. Seules les rames, portées par les bras vigoureux de dizaines d'esclaves, donnaient au navire assez de force pour lutter contre les courants. Avec calme, le navigateur commença les man½uvres et engagea le navire dans la passe. Une seule seconde d'inattention de sa part, un seul instant d'hésitation et la bateau s'écraserait sur les récifs, jetant ses passagers dans l'eau glacée qui les emporterait à jamais. Sans aucun problème, le navire passa entre les deux tours gigantesques du port secret de Guen-Derach.

La coque crissa quelques instants lorsqu'elle rencontra les lourdes pierres du quai. Melric était attendu. Il reconnaissait sans peine la bannière de la Garde Noire qui claquait au vent froid du matin. Lorsqu'il mit pied à terre, le commandant de la troupe royale s'approcha et s'inclina respectueusement. Thiamatal, Grand Sorcier et Puissant Roi et Naggaroth, l'attendait dans les plus brefs délais et personne n'osait jamais le faire attendre. Melric n'eut que le temps de monter sur l'un des coursiers elfiques préparés à son attention.

Quelques heures plus tard, il arrivait en vue de Naggaroth-la-Noire, capitale et cité merveilleuse du royaume Druchii. Les puissantes murailles se profilaient à l'horizon et semblaient sans fin. Jamis cette ville ne fut prise. Jamais elle ne le serait. Naggaroth, c½ur du royaume, cité du Dieu Khaine, perle des Ténèbres. Naggaroth, ville invincible, villes des sacrifices, cité du sang ! Chaque fois qu'il la revoyait, Melric tressaillait de bonheur. il aimait son royaume par-dessus tout, il aimait son Roi.

Sans prendre le temps de se reposer malgré la fatigue du voyage, Melric entra dans le palais du Roi, gigantesque demeure de granit noir dont les murailles laissaient pendre les multiples étendards de la cité. Les Lourdes portes s'ébranlèrent dans un fracas assourdissant. Derrière s'élançait une vaste cour pavée suivie de la grande salle du trône où le Roi tenait conseil. Sans crainte, Melric s'avança. Il marchait d'un pas décidé, le regard plongé dans l'immensité de la salle. Plus il se rapprochait, plus le trône où siégeait Thiamatal lui semblait imposant. A ses côtés, quelques Nobles et Héros, au visage impassible, regardaient s'avancer le jeune messager porteur de nouvelles. Melric les connaissaient tous. Il savait que certains ne le portaient pas dans leur c½ur, à cause de l'influence grandissante qu'il avait sur la Cour et de la confiance que lui témoignait le Roi. Dans tous ces Hauts Dignitaires, il avait aussi quelques amis et protecteurs parmi les plus importants personnages du royaume; c'est pourquoi il était toujours en vie aujourd'hui. Le poison était d'usage courant en ces lieux, surtout pour les jeunes arrivistes, sauf ci ceux-ci étaient protégés. Celui qui lui assurait la plus grande amitié n'était autre que Morphéus Mild, Premier Héros et Grand Prince de la Guerre. Avec lui de son côté, Melric se disait qu'il n'avait rien à craindre. Mais le vent pouvait parfois tourner tellement vite... Autre appui tout aussi important, il avait gagner les faveurs de la Grande Prêtresse de Khaine, la terrible Maya Cynhaeaf, dont le nom seul évoquait la peur. Aujourd'hui, alors qu'il avançait vers le Roi, Melric se sentait fort et confiant. Il était au sommet, il avait la confiance des Grands, à lui de ne pas retomber.

Thiamatal, Puissant Souverain de Naggaroth, se tenait confortablement sur son trône recouvert d'hermine. Il voyait s'avancer Melric, son fidèle messager en qui il avait toute confiance. La confiance était un luxe que seuls les plus puissants pouvaient s'offrir dans ce royaume où régnaient intrigues et suspicions.
Il avait été averti par courrier volant que Melric revenait avec de bonnes nouvelles sur une batailles que les Hauts-Elfes avaient livrée contre le Chaos. Il ne pouvait s'agir que d'une défaite, ce en quoi le Grand Roi n'était nullement étonné. Les Hauts-Elfes étaient, pour lui, devenus de mauvais guerriers, sans commune mesure avec les Héros d'antan, qui avaient déjà contenu de nombreuses fois ses assauts, mettant à mal la puissance des Elfes Noirs et qui les avaient finalement repoussés dans les plaines glacées de Naggaroth..

Melric s'inclina respectueusement, le visage figé vers le sol. La voix dure et glacée du Roi s'éleva alors dans la salle du trône :

- Relève-toi, fidèle Melric, et dis-moi sans tarder quelles sont ces nouvelles si réjouissantes.

- Mon Roi, ces nouvelles sont en effet réjouissantes et même amusantes. Il y a quelques jours d'ici, les Elfes de Lothern ont livré un combat contre des armées du Chaos. Ce devait être une bataille importante car Spauwn, le Héros, ainsi que le puissant Mage, Iltaryen d'Yvress, dirigeaient eux-même le choc. Les Elfes semblaient avantagés, leur puissante cavalerie se tenant sur les flancs, prête à prendre de revers l'armée des Gobelins. Je me disais que le combat serait rude mais que son issue ne faisait pas de doute à la vue des troupes elfiques. c'est alors que se produisit un fait étrange mais assez amusant, qui confirmera certainement ce que votre Grandeur pense des Elfes de Lothern. Une charge d'une dizaine de Gobelins, montés sur les Loups du Chaos, s'élança droit sur Spauwn et ses gardes. Téméraires mes disais-je, ou fous, ce qui ne m'étonnait qu'à moitié de la part de ces stupides Gobelins, mais contre toute attente, Spauwn tourna bride et s'enfuit du champ de bataille, apparemment pris de panique. C'était extraordinaire... Quelle honte pour un tel Héros ! Ayant perdu l'un de leurs chers, les Elfes furent vite désemparés. Partout, Gobelins, Skavens et Morts-Vivants enfonçaient les rangs elfiques. Ils évitèrent l'anéantissement de justesse, grâce à la force de commandement d'Iltaryen qui parvint à sauver ce qui pouvait encore l'être. L'armée elfe s'est repliée. Le désarroi et la honte se lisaient sur leurs visages.
Voilà, mon Roi, telles sont les bonnes nouvelles que je vous apporte. Je pense que les Elfes de Lothern sont tombés bien bas et leur soi-disant Héros Spauwn aura quelque mal à se remettre de sa lâcheté. Je suppose qu'il est tombé en disgrâce.

- Etrange tout de même, répondit Thiamatal. Cette nouvelle ne peut que nous réjouir et nous conforte dans notre opinion, mais je croyais Spauwn plus valeureux. Quand à Iltaryen d'Ivress, je me suis toujours dit que c'était un Mage de grande qualité. Cela fait plaisir de pouvoir compter de tels adversaires. Notre victoire n'en sera que plus grande s'ils refusent notre... proposition. De toute façon, tout ce que tu viens de nous rapporter fait bien notre affaire, fidèle Melric; Va maintenant! Retourne te reposer dans tes appartements! Nous aurons certainement besoin de toi bientôt.

Melric salua le Roi. Au passage, il surprit le regard de Morphéus Mild dans lequel il lut la satisfaction. Décidément, Melric se sentait fort aujourd'hui. Il quitta d'un pas égal la grande salle du trône et se dirigea vers les quartiers qui lui étaient réservés. Cela faisait des jours qu'il n'avait plus dormi réellement. Maintenant, il pouvait reposer son corps fourbu.

Dans la salle du Conseil Secret, le Roi s'était rendu en compagnie de Morphéus Mild et de la grande prêtresse de Khaine Maya Cynhaeaf. Les autres dignitaires n'avaient accès que très rarement à cette salle, où le Souverain discutait des choses les plus importantes. Une longue table de bois noir des forêts du Nord du royaume meublait la salle. En son centre était encastrée une pierre étrange aux reflets bleu sombre. la lumière courait en son long, laissant apparaître ça et là de petits éclairs rougeâtres qui s'animaient à l'intérieur de la pierre. Thiamatal invita ses deux conseillers à s'asseoir tandis qu'il passait calmement sa main sur la pierre. Il entona alors une longue et calme mélopée, dans un langage secret que lui seul connaissait. La pierre, doucement bercée par le chant magique, commença alors à s'illuminer. Les éclairs se faisaient plus nombreux en son c½ur lorsque soudain, plusieurs d'entre eux sortirent de la prison de pierre et se répandirent dans toute la pièce. L'air se mit à vibrer, à tournoyer de plus en plus rapidement. le Roi continuait calmement sa mélopée, le regard fixé au centre de la pierre. les murs de la salle s'effondrèrent, le sol disparut. La table flottait à présent dans un vide étrange. Tout autour, de nombreux courants de couleurs vives, semblables à des lambeaux de tissus bercés par le vent, tranchaient l'obscurité des lieux. Flottant dans cet espace, le Roi vint s'asseoir à la table. Ce n'était pas la première fois que les deux conseillers se retrouvaient dans cet étrange univers, transportés par la Pierre Magique. Ici, personne ne pouvait percevoir le moindre son de leur conversation, même par des moyens magiques. Ils étaient dans une autre dimension, inaccessible. Après quelques instants de silence, Thiamatal prit la parole :

- Je pense qu'il est grand temps maintenant de reparler de mon projet. Les évènements se font de plus en plus précis et, je crois que le moment approche. Qu'en penses-tu Maya ?

La grande prêtresse regarda fixement le Roi, comme seule elle osait le faire. Elle posa alors ses mains sur la table semblant y puiser quelque réflexion :

- Majesté, il est vrai que de plus en plus, le Chaos s'agite. Bientôt, je pense, les Armées des Ténèbres s'ébranleront et une grande guerre commencera, dans laquelle tous les peuples plongeront. Je crois qu'il serait utile en effet de mettre à profit ces différents évènements afin de réaliser le Grand Projet cher à notre c½ur. Les Auspices sont favorables. Si nous agissons vite et bien, il y a de grandes chances que tout se passe comme vous le voulez. Néanmoins, les Elfes de Lothern ne tarderont pas à réagir, aussi devons-nous tout préparer afin de ne pas leur laisser la moindre chance de contrer Votre Magnificience. Je pense toutefois que lorsqu'ils réaliseront ce qui se trame, il sera trop tard. Une nouvelle ère commencera alors pour le peuple Druchii. Mes prêtresses et moi-même sommes occupées aux derniers préparatifs. Dès que Votre Majesté le souhaitera, nous commencerons.

Le Roi se tourna alors vers le commandant de ses armées, le Prince de la Guerre, protégé du Dieu Khaine, le Héros Morphéus Mild. Celui-ci comprit que le Roi attendait maintenant son avis.

- Je pense, mon Roi, qu'il est temps en effet d'agit. Notre armée a été bien entraînée, notre flotte est prête. Jamais jusqu'à présent nous n'avons été aussi forts. Toutes nos troupes n'attendent qu'un mot de Votre Majesté pour s'ébranler. les plans sont précis et chaque commandant connaît les différentes stratégies que nous utiliseront. De plus, nous avons créé de nouvelles unités d'élites qui ne manqueront pas de surprendre l'ennemi. je pense que nous n'aurons aucune peine à atteindre l'objectif nécessaire à votre grand projet. Les Furies ont soif de sang et ce n'est que depuis trop longtemps qu'elles attendent le Grand Carnage. Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer l'ennemi et je ne suis pas sûr que nous pourrons compter sur de nombreux alliés ou du moins avoir une trop grande confiance en eux... Les Elfes de Lothern se sont certainement affaiblis, leur discipline et leur rigueur militaires s'étaient relâchées, mais ils conservent toujours quelques unités d'élite et quelques bons combattants. Spauwn a certainement commis une erreur, mais cela m'étonnerait qu'il recommence.

- Tu le tiens donc tant en estime ? demanda le Roi sur un ton où il était difficile de voir ou non un reproche.

- Oui, c'est vrai. Même s'il est un de nos pires ennemis, j'admire chez lui sa vaillance. Je pense que sa fuite à été un accident. Peut-être a-t-il subi l'effet d'un sortilège qu'il n'avait pu prévoir. Mais Votre Majesté sait que je suis loin d'être un couard, et que mon c½ur se réjouit plutôt d'avoir de tels ennemis. Les batailles n'en seront que plus excitantes et la victoire plus méritante. Notre armée est puissante et nous vaincrons sans nul doute, je peux en assurer Votre Grandeur !

- De plus, reprit Maya, leur magie est toujours puissante. Il faudra faire particulièrement attention à leurs Mages. Heureusement, notre savoir s'est lui aussi développé et nous pouvons maintenant rivaliser sans problème aucun. Peut-être pourrons-nous, nous-mêmes, engager quelque joute magique ?

- Oui, dit calmement le Roi, je crois que vous avez raison. il est bon de ne jamais sous-estimer notre ennemi. J'ai confiance en notre armée et en notre Dieu Khaine le Noir nous donnera la victoire car c'est en son nom et pour sa gloire que nous agissons. Mon peuple entrera bientôt dans une ère qui fera trembler les Elfes de Lothern. Il est temps en effet que nos armées s'ébranlent. mais tout d'abord, vous connaissez mon désir d'envoyer Melric en ambassade à Lothern afin de faire une proposition aux Hauts-Elfes.

- Ne pensez-vous pas que cela pourrait éveiller les soupçons des Elfes ? demanda Morphéus Mild. De plus, Melric nous est précieux.

- Je ne crois pas que les Elfes de Lothern se douteront de quoi que ce soit. Et même si ils réfléchissent, ils sont bien trop orgueilleux et sûrs d'eux pour imaginer ce qui va arriver. Melric pourra me faire un petit compte-rendu de l'état d'esprit de la Cour. De plus, il n'a pas son pareil pour se trouver là où il faut. Nous lui donnerons bien entendu quelques sûretés au cas où les Elfes ne respecteraient pas les Règles des Ambassadeurs. Je suis sûr qu'il ne risque rien. Allons maintenant le faire mander et qu'il parte dès qu'il sera au courant de sa mission.

Quelques instants plus tard, le Roi et ses conseillers, par la magie de la Pierre, revinrent dans la salle du Conseil. Morphéus Mild dépécha alors un garde afin de convoquer le fidèle Melric.

Il faisait froid ce matin là. Une fois de plus, Melric regardait s'éloigner les tours du port qui disparaissaient peu à peu dans la brume. Une nouvelle mission lui avait été confiée, la plus importante de toute sa vie. Il la mènerait à bien, il le savait. Son Roi avait confiance en lui et attendait son retour. Décidément, Melric se sentait fort et ce sentiment l'exalta.

Pierre G.

# Posté le vendredi 01 juin 2007 16:11

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 16:41